Ce n’était à la base qu’un pari fou. Le genre de pari qui prend des mois voire des années à se réaliser. Qui parfois ne voit même pas le jour. Pourtant en deux semaines, beaucoup de coup de pédales et 21 km plus tard, nous étions au sommet du Mont Ventoux.

 

La tâche parait souvent trop grande. Comment parvenir à bout d’un tel mythe du Tour de France quand nous ne sommes que quelques sportifs, certes réguliers, mais n’ayant pas touché un vélo depuis des années ? Pourtant,  au moment d’enfourcher nos montures, nous ne réalisions pas encore le chemin à parcourir. La température du petit matin était fraiche et laissait percevoir une belle journée de Juillet. Nos connaissances en nutrition sportive et les réflexes à adopter allaient pourtant bien nous aider.

 

Réveil 6h, la tête et les jambes râlent un peu. L’énergie n’est pas au max et nous oblige à un petit déjeuner à la Barre Energétique et à la Boisson +4h. On a connu meilleur mais à 7h, le résultat est là, le corps semble prêt à répondre. Pour la tête, on verra plus tard.

 

Les premiers kilomètres sont doux, une pente moyenne à 5%. Le temps de trouver le  rythme et le meilleur endroit pour ranger les Barres Energétiques et les Dosettes Finisher. Trois de chaque nous semblent suffisant. Ils ne seront en tout cas pas de trop. Quelques kilomètres plus loin la pente parait accentuée. La pédale est plus dure et la respiration plus rapide. L’heure de sortir pour la première fois le bidon remplit de Boisson 2-4h et d’éviter d’être langue pendue, scotché sur le bitume 1 kilomètre plus loin. Premier coup de crocs également dans la Barre Energétique. Nous assurons nos arrières et nous regardons droit devant. Nous n’apercevons pas encore le sommet, juste les inscriptions laissées au sol Tour après Tour, les « vrais » cyclistes et le compteur. 8km/h de moyenne à l’ombre des grands arbres nous préservant une fuite d’énergie trop rapide. Une énergie que nous perdons d’avantage à chasser la colonie de mouches qui nous escortent et qui fracturent le mental.

 

Le mental, mieux vaut s’être habitué à se faire mal dans certaines séances de sport pour ne pas lâcher le guidon. Sans préparation, l’ascension nous paraissait dure à réaliser. Nos longues sorties running au seuil et nos moments à se mettre dans le rouge nous permettront de trouver certains repères physiques et de continuer à grimper.

 

10 km déjà. Le temps a semblé passer vite. Le compteur nous a permis  de ne pas oublier de s’hydrater. L’énergie est bien présente et nous nous mettons à rêver de pouvoir accélérer.

 

11e kilomètre, pente à 11%. Retour à la réalité et le mental prend un sérieux coup. Le corps aussi. Le changement est brutal et l’énergie disparait rapidement. Trop rapidement. Nous laissons passer l’orage et 1km plus loin la Dosette Finisher fait l’effet d’un remède miracle. Nous trouvons le second souffle, les sensations et l’envie de faire partie des finishers. Pendant 4 kilomètres, la pente ne faiblit pas, l’hydratation devient prépondérante. La deuxième Barre Energétique est entamée.

 

15e kilomètre, Chalet Reynard atteint et pour la première fois, le sommet en vue. Le moral est gonflé à bloc et nous prenons 2 minutes pour soulager les fesses et faire l’inventaire. 1 bidon, 1.5 Barres Energétiques et 2 Dosettes Performer restants.

 

La reprise pleine de volonté est vite stoppée par les 14% de pente qui se dressent d’entrée devant nous. Le réflexe est immédiat, la Dosette Finisher.  La machine est relancée et nous pousse vers le sommet. La végétation est maintenant absente, le soleil nous cogne la tête, les Barres Energétiques donnent soif, le bidon devient dur à saisir et les petites gorgées ne suffisent plus. A 2 kilomètres de l’arrivée, les bidons sont vides, la pente est dantesque, le vélo n’avance plus mais l’envie et la dernière Dosette Finisher portent tout le corps. 2h45 plus tard, le sommet est atteint. Nous nous regardons les yeux remplis de joie et de fierté. Nous ne réalisons pas encore que nous avons réussi. Nous arrivons heureux au point de départ avec cette sensation de fatigue paisible. Tellement paisible, que nous nous dépêchons d’avaler nos BCAA. La peur du lendemain commençait de suite.

 

Une semaine est passée depuis. La fierté et la fatigue nous habite encore. Qui donne envie de se lancer d’autres défis maintenant que nous savons réellement qu’avec une bonne nutrition, tous les rêves sont permis.